Frankfurt 2015

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Re: Frankfurt 2015

Message  Steph le Mar 7 Juil - 10:23

Merci pour vos messages et encouragements…. Course très spéciale où la natation sans combo restera et de loin le meilleur moment…. Alors qu'on appréhendait ça! Un petit CR plus tard….
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Steph

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Re: Frankfurt 2015

Message  Lucas le Jeu 9 Juil - 2:13

Voici mon (long) CR de cette course:

L'aventure commence il y a un an après le half du Luxembourg qui s'était plutôt bien passé. Comme tous les ans vers début juillet, certains membres de mon club, le VMT (Vallée de Montmorency Triathlon), qui souhaitent faire un Ironman l'année d'après s'interrogent sur la course sur laquelle s'inscrire pour 2015 car certaines courses sont très prisées et les inscriptions sont closes quelques jours après l'ouverture des inscriptions (qui a lieu 1 an avant). Après quelques jours de réflexion nous sommes plusieurs à nous inscrire pour l'Ironman de Francfort, support des championnats d'Europe Ironman depuis plusieurs années.

Afin de ne pas reproduire la même erreur qu'en 2011 (blessure suite à une non coupure de l'entraînement après le half de Royan en septembre qui m'a empêché de participer à l'Ironman de Regensburg auquel j'étais inscrit pour 2012, je suis alors resté un an complet, 2012, sans faire de sport, j'ai ensuite repris progressivement en 2013 sans faire de courses et j'ai augmenté ensuite la charge afin de faire quelques courses en 2014 dont le half Ironman du Luxembourg fin juin 2014), je fais une vraie coupure pendant l'été avec juste un peu de natation pendant les vacances, quelques footings et quelques petites sorties vélo. Je retourne à l'entraînement vers mi septembre 2014 avec un entraînement par semaine dans chaque discipline au début (natation un midi par semaine à côté de mon travail, entraînement CAP (Course A Pied) le jeudi soir sur la piste avec mon club et une sortie vélo le dimanche matin ou le samedi après-midi avec le club également) puis un peu plus au fil des mois jusqu'à mi janvier où mon plan d'entraînement pour l'Ironman de Francfort commence vraiment. Pendant le même temps, je fais quelques run & bike avec mon beau-frère Laurent et je sens que ma forme est bonne, notamment en CAP. Commencent alors 5 mois et demi d'entraînements spécifiques pour Francfort, avec 8 à 18h d'entraînements par semaine où l'organisation (entre l'entraînement, la vie de famille et le travail) et la volonté (les sorties à pied ou en vélo dans le froid ou sous la pluie et la fatigue avec jusqu'à 11 entraînements certaines semaines) sont primordiales. Je ne fais qu'une seule course pendant ma préparation, le half de Compiègne, que je finis en 5h30 environ, soit mon meilleur temps sur la distance (de bon augure) malgré des crampes aux mollets à la fin de la CAP (problème à régler avant Francfort).

Arrive enfin début juillet et c'est la canicule en France avec jusqu'à plus de 40°C à l'ombre et les derniers entraînements la semaine précédant l'Ironman sont très difficiles sous cette chaleur. Nous sommes finalement 5 de mon club à participer à cet Ironman, Cyrille, Laurent, Stéphane, Yves et moi et ils sont tous les 4 déjà finishers de plusieurs Ironman alors que cela sera mon premier. Nous partons le vendredi matin ensemble pour Francfort sous la canicule car celle-ci se déplace vers l'est et est attendue sur Francfort pour le week-end... L'après-midi, nous allons retirer nos dossards et nous assistons au briefing où l'on apprend que la combinaison en natation sera interdite car l'eau sera supérieure à 24,5°C (limite au delà de laquelle la combinaison néoprène est interdite sur Ironman afin d'éviter les coups de chaud dans l'eau), c'est une mauvaise nouvelle pour tous les mauvais nageurs, dont je fais parti, car la combinaison aide à flotter et à glisser sur l'eau et fait donc gagner du temps et limite la fatigue au niveau des jambes. Le vendredi soir, nous souhaitons aller à la traditionnelle pasta party, mais le temps que l'on se rende compte qu'elle a été déplacée à 5km du centre ville et qu'il faut prendre les bus de la ville pour s'y rendre, il est trop tard, nous nous rabattons alors sur un mauvais restaurant italien dans le centre de Francfort (mauvais point pour l'organisation). Le samedi, nous devons aller déposer notre vélo et les sacs de transition au niveau du départ (situé à 12km de Francfort, à côté du lac où aura lieu la natation). Des bus spéciaux sont prévus mais nous devons attendre sous le soleil et la chaleur car les bus tardent à arriver et la file d'attente est longue. Une fois dans le bus, c'est malheureusement de gros bouchons qui nous attendent en arrivant vers le lac car tous les allemands de la région se sont précipités au lac pour se baigner sous cette canicule. Le dépôt du vélo et des sacs de transition se passe très rapidement en revanche. Le retour en bus est aussi un peu compliqué car les touristes squattent les bus réservés aux triathlètes afin de rentrer sur Francfort, bref, je me retrouve coincé entre 2 poussettes pour le retour. Second mauvais point pour l'organisation car au final, nous avons mis plus de 3h pour déposer nos vélos en restant debout et immobiles dans les bus pendant environ 2h30, ce qui est loin d'être idéal la veille d'un Ironman... Le soir, après un nouveau plat de pâtes, nous allons nous coucher mais il est difficile de s'endormir. Je finis par trouver le sommeil vers 23h30 et le réveil sonne à 3h50. Après le petit déjeuner et les derniers préparatifs, nous partons vers 5h pour prendre les bus pour rallier le départ. Encore une fois, une très longue file d'attente nous attend et nous faisons le trajet debout dans le bus qui a fini par arriver. Arrivés sur place, nous regonflons les pneus des vélos et plaçons nos bidons sur les vélos. On se rend ensuite sur la plage au bord du lac où aura lieu le départ. Je me mets à l'eau 2 minutes afin de voir ce que cela donne: l'eau est propre et chaude (26,8°C). Je retrouve mes camarades de club dans le sas de départ (nous partons dans la dernière vague, la plus nombreuse, plus de 2700 concurrents, à 7h) où nous nous encourageons mutuellement. Nous assistons au départ des pros hommes à 6h40, pros femmes à 6h42 et d'une vague d'environ 500 triathlètes à 6h50. Nous sommes environ 3200 au départ en tout.

Le départ, qui se fait sur la plage, est enfin donné à 7h par un coup de canon, il ne doit y avoir qu'un tiers des concurrents derrière nous et nous sommes placés vers la droite afin d'éviter la bousculade au début de la natation et nous finissons par nous allonger dans l'eau 1 minute environ après le départ officiel. Le parcours natation, de 3,8km, est constitué de 2 boucles avec une sortie à l'australienne entre les 2 (ie un retour sur la plage à la fin de la 1ère boucle avant de retourner dans l'eau pour la seconde), la première fait un peu plus de 1500m et la seconde un peu moins de 2300m normalement. J'appréhende beaucoup la natation sans combinaison! Je constate assez peu de bousculades lors du départ, beaucoup moins que lors des courses plus courtes car ici la plupart des gens ne sont pas à quelques secondes près et préfèrent se préserver plutôt que de se bousculer! La première boucle se compose d'une ligne droite de 750m puis un virage à gauche sur 50m puis retour vers la plage sur 750m à nouveau. Les premiers 750m se passent assez bien, je nage tranquillement sans trop forcer, quelques bousculades mais rien de très énervant. Le retour vers la plage me semble beaucoup plus long et je m'énerve un peu après un bateau suiveur qui fait des vagues et nous envoie des odeurs de gasoil... Retour sur la plage après 48 minutes alors que j'espérais faire 10 minutes de moins avec la combinaison, je suis déçu mais je fais avec et je retourne dans l'eau pour la 2ème boucle qui est en triangle avec une première ligne droite de près de 1000m et 2 autres lignes droites de 650m chacune. Cela se passe toujours assez bien mais je me fais doubler un peu et je vais un peu moins droit par moment (j'ai dû faire quelques dizaines de mètres en plus du coup). Il y a aussi un peu de clapot dans l'eau ce qui doit nous freiner un peu. Le bateau suiveur est toujours énervant... Je commence à avoir un peu mal au bras dans la dernière ligne droite vers le retour sur la plage, mais je gère et finis la natation sans être épuisé malgré le fait d'avoir nagé sans combinaison et donc d'avoir pas mal utilisé les jambes. Je sors de l'eau en presque 1h52 soit plus de 20 minutes de plus que ce que j'espérais. Je sors 2479ème de l'eau, soit vers les 3/4 des concurrents, à peu près comme d'habitude, même si j'espérais mieux car je m'étais quand même pas mal entraîné en natation et j'avais l'impression d'avoir un peu progressé.

Première transition, je sais donc déjà que je ne ferai pas le meilleur temps que j'espérais faire secrètement, mais après quelques secondes de marche je me remotive et je repars au petit trot pour monter la dune qui mène au triparc. Je récupère mon sac avec mes affaires pour le vélo et je m'assois sous la tente pour me changer. Après réflexion, je décide malgré la chaleur, de mettre mon cuissard vélo au dessus de ma trifonction pour m'éviter les douleurs au niveau de la selle du vélo (que j'avais eues lors du half de Compiègne 5 semaines avant). Je mets également mon maillot de vélo pour éviter les coups de soleil sur les épaules et pour mettre mon ravitaillement dans les poches arrière et je mets aussi mes manchons de compressions sur les mollets pour éviter les crampes. Après m'être tartiné de crème solaire je pars récupérer mon vélo. Fin de la transition après un peu plus de 8 minutes et je monte sur le vélo après exactement 2h de course.

Le parcours vélo est constitué d'une première partie de 12,5 km assez plate pour rallier Francfort puis d'une boucle de 84km assez roulante à faire 2 fois avec un dénivelé positif d'environ 1000m au total. Dès le début du vélo, je me sens bien et j'en profite, je savoure d'être sorti de l'eau et d'être sur mon vélo car je sais que j'en aurai marre du vélo d'ici quelques heures. Je ne force jamais sur les pédales et je double quand même pas mal de concurrents, quelques golgothes sur des avions de chasse hors de prix me doublent quand même mais je sais que je vais en reprendre quelques uns dans les montées et la plupart des autres sur la CAP si tout va bien. Je ne me mets jamais en position aéro complète sur mon prolongateur car j'ai dû changer de prolongateur il y a 2 ou 3 semaines ayant cassé l'ancien lors d'une sortie vélo et la position aéro me fait mal aux bras et surtout au dos à la longue. Je me permets juste de mettre les mains sur le début du prolongateur juste après les repose coudes. De la même manière, j'évite de mettre les mains en bas des cocottes, sauf dans les fortes descentes, pour éviter le mal au dos. Le retour sur Francfort est facile. J'entame la première boucle assez sereinement en profitant de la fraicheur relative car il ne fait qu'environ 30°C à 9h du matin. Je ne verrai aucun autre VMT sur cette première boucle (je me dis qu'ils sont tous devant moi car je suis sorti loin de l'eau, alors qu'en fait j'ai dû doubler Cyrille, sans doute au niveau d'un ravitaillement?, dès le début du vélo). A chaque ravitaillement, je change mes 2 bidons car leur contenu chauffe très vite, je prends 1 bidon d'eau pour boire et surtout pour m'arroser (la tête, les cuisses et les mollets) afin de faire baisser un peu la température de mon corps qui chauffe beaucoup avec l'effort et la canicule; et je prends un bidon de boisson isotonique powerbar pour boire, dont je ne suis pas un grand fan mais cela me permet de me recharger en différents sels minéraux que l'on perd en abondance. Je prends également une demi banane à chaque ravitaillement, qui sont situés tous les 20km environ. On m'avait dit que le parcours était roulant, il l'est mais il comporte quand même de belles petites bosses où je double un paquet de concurrents à chaque fois (cela fait plaisir de doubler les gros rouleurs sur leurs belles machines). Il y a beaucoup de supporters le long du parcours et cela fait vraiment plaisir, ils nous encouragent tous, certains ont installé barnum, sono, barbecue et fûts de bière et font une ambiance monstre, d'autres nous arrosent avec des tuyaux d'arrosage et cela fait un bien fou sous cette chaleur. Je me sens bien et j'interagis avec les supporters, c'est vraiment sympa. Je me fais doubler par les premiers pro qui en sont déjà à leur 2ème boucle (ils sont partis 20 minutes avant nous et j'ai mis vraiment beaucoup de temps en natation)... Le premier est vraiment très très impressionnant et cela en devient même douteux... Dans la dernière montée avant le retour sur Francfort, il y a une ambiance de folie avec un speaker et des tas de gens de chaque côté qui font la ola et qui crient à tout rompre pour t'encourager, j'en frissonne et j'ai les yeux humides, cela fait un bien fou. Vers les 2/3 tiers de la côte, je me fais doubler par le 1ème pro environ (Marko Albert qui finira justement 10ème) et je m'aperçois que je le suis (à distance bien sûr pour ne pas drafter) assez facilement dans la montée, je me dis qu'effectivement je monte plutôt bien les bosses aujourd'hui ;-) Arrive le dernier ravitaillement avant la descente vers Francfort et là le pro remet tout à droite et il me lâche très facilement. Fin de la première boucle et je me sens toujours bien et ma moyenne est d'un peu plus de 30km/h, je suis sur les bases prévues. Il commence à faire très très chaud sur la route au début du 2ème tour. Je double toujours autant de monde dans le 2ème tour mais je vois de plus en plus d'ambulances ainsi que des triathlètes assis ou allongés sur le bas côté dès qu'il y a un peu d'ombre (sous des arbres ou sous les ponts), c'est un peu l'hécatombe... En plus le vent a beaucoup augmenté, il est très chaud et souffle parfois en rafale, le vent est de face sur la deuxième moitié de la boucle (je suis à 25km/h dans certaines descentes...), il fait 38°C à l'ombre maintenant, soit bien plus de 40°C au soleil et avec la route qui renvoie la chaleur, c'est l'horreur... Les bidons sont chauds au bout de 20 minutes. En plus de l'eau et de l'iso, je prends un bidon de coca (souvent chaud malheureusement) à chaque ravito que je bois le temps du ravito afin de le laisser dans la zone de propreté avant de repartir. Je rattrape Yves au 163ème km, il a l'air d'aller à peu près même s'il n'est pas au mieux, en tout cas il avance toujours. Cette dernière partie du parcours est vraiment difficile avec la chaleur et le vent, je n'ai plus d'eau depuis quelques temps et mon bidon d'iso est bouillant. Ma moyenne diminue dans ces conditions, tant pis, le principal est de finir la course. Dans une descente avant la dernière montée, je vois Stéphane assis sous un pont, il a dû avoir un gros coup de chaud mais il m'encourage quand je passe. Dernier ravito, j'ai soif, il y a plein de concurrents arrêtés au ravito et je suis aussi obligé de m'arrêter et d'aller chercher mes bidons moi-même tellement c'est le bordel... Je repars un peu énervé mais je me calme rapidement. Fin du vélo en 6h08, avec 180,5km à mon gps garmin (certains avaient un peu plus de 183km à leurs compteurs), soit une moyenne d'un peu moins de 30km/h, cela me va très bien aux vues des conditions. Je n'ai pas vu ni Cyrille ni Laurent lors du vélo, j'apprendrais après que Laurent s'est arrêté après la 1ère boucle vélo à cause de la chaleur et surtout d'un très gros mal de dos, quant à Cyrille, il était en fait derrière moi et il s'est arrêté à la fin du vélo car impossible de repartir (on a dû lui faire 2 perfusions de suite). Je suis à la 1811ème place après le vélo, j'ai donc doublé 668 concurrents sur le vélo en faisant le 1384ème temps vélo.

Deuxième transition, je donne mon vélo à un bénévole (cool de ne pas avoir à le déposer nous même) et je récupère mon sac CAP. J'arrive dans la tente, tout va bien, j'enlève mes habits vélo, casque, lunettes, je m'enduis de crème solaire, je change de chaussures, je mets la casquette que j'ai achetée en arrivant à Francfort vue la météo attendue et je repars après un peu moins de 5 minutes.

Le parcours CAP est composé de 4 boucles de 10,5km, plus une dernière ligne droite de 200m pour finir. Le parcours est 2/3 au soleil et 1/3 à l'ombre des arbres, le long du Main, le fleuve qui passe dans Francfort, avec 2 fois la traversée de ponts par tour, avec les montées qui vont avec... Je commence à courir et les jambes répondent. J'ai déjà soif et je ne vois pas le 1er ravito qui devait être après le départ, il arrive enfin après 1km environ. Je bois et je m'arrose d'eau, je tente de manger mais cela ne passe pas trop (j'ai mangé 3 compotes, 1 barre, 1 gel, 2 tucs et pas mal de demi bananes sur le vélo mais je ne mangerai qu'une demi banane, un petit morceau de pomme (que j'aurai beaucoup de mal à digérer), 2 tucs et 5 bretzels lors du marathon; en revanche j'ai calculé que j'ai dû boire entre 15 et 20 litres sur la course!). Je repars et je sens que je peux courir plus vite mais, comme sur le vélo, j'en garde sous le pied pour la suite. Je cours entre 5 minutes et 5mn30 au km en ce début de marathon mais avec les arrêts aux ravitos, ma moyenne est d'un peu moins de 6mn au km. A chaque ravito, je suis le même rituel, Je m'arrose de plusieurs gobelets d'eau et/ou avec les tuyaux de l'organisation, je bois 2 gobelets d'eau puis 1 gobelet de coca et encore 2 gobelets d'eau puis je m'arrose avec les éponges et j'en garde 2 que je coince sur mes épaules. Vu le temps qu'il me reste, je sais que, sauf pépin physique important, je serai finisher, donc mon objectif est de courir le plus longtemps possible. Je découvre le parcours pédestre et certaines parties sont longtemps au soleil et cela tape beaucoup... Je double pas mal mais je me fais aussi doubler par des concurrents qui ont déjà 2 ou 3 chouchous à leur poignet. Je récupère le premier chouchou (on nous donne 1 chouchou avant la fin de chaque tour afin de n'orienter uniquement que ceux qui ont 4 chouchous vers la finish line), et j'entends le tonnerre gronder, je reçois même 3 ou 4 gouttes; je serai assez heureux qu'il pleuve un peu et que cela se rafraichisse, mais malheureusement les nuages sont repartis 5 minutes plus tard et il fera toujours aussi chaud pendant toute la CAP. Tout va bien et je termine le premier tour en un peu plus de 1h, je suis sur les bases prévues. Début du 2ème tour, je cours toujours, je cherche si je vois d'autres VMT mais je n'en vois aucun. Je commence à être dans le dur vers le 15ème km, les jambes commencent à être un peu plus dures, mon ventre commence à râler à force d'ingurgiter ces litres d'eau, d'iso (que j'ai de plus en plus de mal à avaler et donc que j'arrête de boire rapidement) et de coca, et ma vessie commence à être bien pleine. Après avoir récupéré mon 2ème chouchou, je vois un triathlète sortir d'une toilette et personne n'attend devant, j'en profite pour aller me vider la vessie. Je suis bien mieux après cette vidange ;-) Fin du 2ème tour, j'ai ralenti un peu mais je reste dans les clous niveau temps. Début du 3ème tour, je cours toujours mais cela devient de plus en plus dur. J'aperçois Laurent qui a visiblement arrêté la course, il me le confirme et m'encourage. Au vu de mon temps, je me dis que si je ne marche pas trop je devrais pouvoir finir en moins de 13h, ce qui serait assez inespéré compte tenus de mon temps en natation et des conditions climatiques. Le 3ème tour à pied est souvent le plus dur car le mur sur Ironman se situe souvent au niveau du semi marathon lorsque l'on est capable de courir sur le marathon. Effectivement, les crampes commencent à apparaître à partir du 23ème km. A chaque début de crampes, je m'arrête, m'étire quelques secondes et je repars en marchant jusqu'au prochain ravito où je m'arrose et je bois abondamment avant de repartir en courant; les montées vers les ponts se feront aussi en marchant dans ce 3ème tour. Il y a toujours autant de supporters le long du parcours, c'est génial et ils encouragent tout le monde, certains ont un mot sympa à notre égard à chaque tour, c'est vraiment appréciable. Fin du 3ème tour, j'ai encore ralenti mais cela reste raisonnable. Je regarde le chrono au début du 4ème tour et je vois que je devrais bien finir en moins de 13h et si je ne traîne pas trop en route, je peux même peut-être atteindre les 12h45. Début du 4ème tour, je pense à mes enfants, ma femme, tous les amis et membres du VMT qui me suivent, je pense aussi à tous ces entraînements difficiles que j'ai faits depuis des mois et je me motive pour accélérer un peu et cela fonctionne, c'est dur, mes jambes veulent s'arrêter et je commence à être sérieusement fatigué (je manque de me prendre un poteau à cause de la casquette qui m'oblige à regarder vers le bas ;-) ), mais je cours, même dans la montée sur le 1er pont. J'ai chaud et un chien sans laisse vient se mettre dans mes pieds, je suis obligé de faire des acrobaties pour l'éviter et je ne peux m'empêcher d'insulter ses propriétaires qui ont l'air de s'en moquer royalement Sad Bref, je récupère mon 4ème chouchou et les encouragements se font encore plus nombreux. Mes jambes refusent de courir lors de la montée sur le dernier pont mais je recommence à courir arrivé au milieu du pont, je zappe le dernier ravito et je me dirige vers la fin du 4ème tour. Ca y est, je vais être finisher, les pensées se bousculent dans ma tête et je profite de ces derniers hectomètres. Fin du dernier tour et je bifurque vers la finish line, des centaines de spectateurs m'applaudissent et me tapent dans les mains le long du corridor qui mène à la finish line, c'est génial, j'entends le speaker dire la fameuse phrase: "Lucas, you are an ironman", je laisse exploser ma joie (je crie, je lève les bras, je tape dans la main du speaker) et je franchis la ligne d'arrivée avec les yeux humides. Je finis le marathon en 4h31, 711ème temps en CAP (incroyable!) en ayant doublé 580 concurrents sur cette dernière épreuve... Mon temps total est de 12h44mn43s et je finis 1231ème au scratch (soit un peu après le 1er tiers du classement, inespéré pour moi) et 256ème de ma catégorie.

Après avoir récupéré ma médaille de finisher, plus une discussion avec un bénévole et la classique photo de finisher, je me dirige vers la zone de récupération. Je récupère mes affaires pour me changer après une petite douche, puis l'indispensable tee-shirt de finisher. Je tente ensuite de manger un peu, on me propose une sorte de hot-dog avec une bière, après quelques bouchées et quelques gorgées, je m'arrête, cela ne passe plus vraiment. Je ne vois pas les autres VMT et je ne sais pas où ils en sont à part Laurent que j'ai vu en spectateur sur la CAP. Je récupère ensuite mes autres sacs et mon vélo et je rentre à l'hôtel. Je retrouve Cyrille qui m'explique son abandon et je vois sur internet qu'Yves a fini en 13h28 et que Stéphane a réussi à repartir et est en train d'essayer de finir avant le cutoff des 15h de course, ce qu'il arrivera finalement à faire en 14h44. Laurent appelle ensuite Cyrille pour aller chercher Stéphane qui n'est pas au mieux, il aura aussi le droit (comme Cyrille plus tôt dans la journée) à sa perfusion. Le retour sur Paris le lundi se déroule sans problème sous une relative fraicheur, la canicule prend fin... J'ai quelques courbatures les jours suivants mais rien de dramatique et elles s'estompent rapidement.

Pour conclure, je souhaite remercier tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette aventure, ma femme et mes enfants bien sûr qui ont supporté toutes ces absences à cause des entraînements et qui m'ont soutenu de tout leur coeur; ma famille et mes amis pour leur soutien et leur compréhension; mes camarades de club pour leur soutien et leur compagnie pendant les entraînements, notamment mes 4 compagnons sur cette course, les coachs du VMT et notamment Nico; et enfin tous les supporters le long de cette course magnifique. Je n'avais, avant cette course, jamais fait 3,8km en natation (encore moins sans combinaison), ni roulé 180km à vélo, ni couru de marathon, et bien j'ai fait les 3 à la suite, comme quoi c'est possible. Vus mes temps et comme au final, seuls 5 concurrents sortis après moi de l'eau sont arrivés avant moi, il faudrait vraiment que j'apprenne à nager correctement ou au minimum à m'aligner sur des courses où la combinaison est autorisée en natation ;-) Maintenant, je vais me reposer un peu et prévoir sans doute 1 ou 2 half l'année prochaine. J'aimerai bien refaire un Ironman à l'avenir dans des conditions climatiques normales et avec la combinaison en natation ;-) mais les heures d'entraînement font que cela n'arrivera pas tout de suite, mais d'ici quelques temps peut-être, à suivre donc ;-)

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Re: Frankfurt 2015

Message  jacquesT le Jeu 9 Juil - 8:43

Impressionnant Lucas...

quelle course, quel courage et quelle détermination !!! respect.
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Re: Frankfurt 2015

Message  jéromeM le Jeu 9 Juil - 9:26

Parfois il faut savoir s’arrêter à temps : un concurrent décède 2 jours après l’épreuve .

Fatalité à Ironman Frankfurt. | Trimes.org

http://www.trimes.org/2015/07/08/fatalite-a-ironman-frankfurt/
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Re: Frankfurt 2015

Message  Dave le Jeu 9 Juil - 11:04

Bravo Lucas !
Au fait moi quand je l'ai fait, j'avais opté pour l'hotel situé à côté du lac pour éviter bus :-)


Dernière édition par Dave le Jeu 9 Juil - 16:32, édité 1 fois
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Re: Frankfurt 2015

Message  Steph le Jeu 9 Juil - 16:31

Oui Jerome cette histoire est à méditer…..

l'Ironman est une épreuve physique extrême et pour peu que les conditions soient difficiles le risque est loin d'être nul. Dans ces conditions l'alimentation devient un facteur déterminant non seulement pour la performance, mais certaines erreurs peuvent être fatales. Ce gars est vraisemblablement décédé suite a un excès d'hydratation.

L'organisation, lors du briefing , nous a mis en garde au sujet des conditions météo exceptionnelles et nous a informé de l'augmentation du nombre de ravitaillement.
Le discours des fabricants d'aliments pour le sport est "Il faut boire avant d'avoir soif" ( tu bois plus, t'en achètes plus…. ). Cette idée est admise par tous et rarement remise en question. En fait le problème est très complexe. Sur de telles durées d'effort il n' y a pas d' étude fiable. Les volumes d'échanges sont importants (pertes d'eau et de sodium dans la sueur, apport en grands volumes par des quantités de boisson qui deviennent dans ses conditions impressionnantes )….

A méditer …..
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Re: Frankfurt 2015

Message  cedric le Jeu 9 Juil - 19:26

encore bravo les gars.
merci Lucas pour ce bon moment a lire ton CR.
ca motive et j'avais vraiment l'impression d'être avec toi sauf que j'étais sur le sable fin d'une plage :-)
moi aussi j'ai eu chaud....
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Re: Frankfurt 2015

Message  Martial le Ven 10 Juil - 18:17

Steph a écrit:apport en grands volumes par des quantités de boisson
Apport d'eau oui, de sucre aussi, par contre côté électrolyte, l'apport des boissons d'effort semble pas si important que ça, pour ne pas dire faible.
La résistance à la déshydratation se travail dans une certaine limite (sortie cap le midi en plein soleil, habituer son corps à absorber pendant un effort, travail des filières).
Ensuite il faudrait sensibiliser les athlètes à l’œdème, particulièrement lors du briefing d'une course comme Frankfurt. Il y a quelques signes, je pense au bracelet de la montre qui devient trop serré...
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BRAVO

Message  JoelS le Lun 20 Juil - 22:13

Bravo à vous tous pour ces perfs d'autant plus méritantes que le conditions étaient particulièrement hard
Vous vous etes fait des souvenirs pour fou l'hure, prenez le temps d'apprécier
Félicitations aussi à ceux qui ont su abandonner, ce n'est pas facile après autant d'investiiement et de sacrifices, mais le courage c'est aussi ça
Lucas, je pensais que tu avais déjà joué dans cette cour, félicitations. Et ton récit est aussi Ironman que l'épreuve!
Reposez vous bien, bonnes vacances
Joel

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